La maladie de Parkinson se décrit comme une maladie neurodégénérative chronique et évolutive puisqu’elle occasionne des troubles progressifs du mouvement. Elle se traduit par une perte des cellules du cerveau responsables de la production de dopamine, un neurotransmetteur qui agit à titre de messager entre les différentes cellules du cerveau impliquées dans le contrôle du mouvement.

Selon le guide InfoParkinson de la société Parkinson du Québec, on estime actuellement qu’environ 100 000 habitants seraient atteints de la maladie au Canada, dont 25 000 au Québec. La maladie touche un peu plus souvent les hommes que les femmes, plus souvent après 55 ans, mais il n’en reste pas moins que certaines personnes en sont atteintes plus jeune. Au Québec, on observe notamment quelques cas auprès de personnes de 35-40 ans. Toutefois, chez les 65 ans et plus environ 1 % de la population en serait atteint et ce chiffre s’élève à 2 % chez les 70 ans et plus.

Physiothérapeute depuis 1990 et titulaire d’une maîtrise en sciences biomédicales (1993) de l’Université de Montréal, Mai Pham travaille auprès d’une clientèle en neurologie et fait partie du Centre d’évaluation interdisciplinaire Renata-Hornstein (CERH) de l’Unité des troubles de mouvement André-Barbeau du CHUM. Ce centre a été mis sur pied en 2008 pour traiter, entre autres, les patients atteints de la maladie de Parkinson et Parkinson plus. Dans cet article, elle dresse un bref portrait de la maladie, propose quelques exercices de base et parle du rôle de la physiothérapie dans le traitement de cette maladie.

Facteurs de risque et facteurs environnementaux

Quelques facteurs environnementaux seraient actuellement associés à la maladie de Parkinson :

  • les polluants chimiques;
  • les herbicides;
  • les pesticides;
  • le carbone;
  • le fer;
  • le manganèse.

Ces facteurs seraient plus fréquemment observés dans les milieux ruraux que les milieux urbains, où l’on retrouve, par exemple, des lacs pollués où l’eau peut être encore considérée comme potable par les habitants.

Les autres facteurs de risque :

  • fonctionnement anormal des substances du cerveau;
  • traumatisme (traumatisme crânien, AVC, etc.);
  • prise de médicaments en lien avec certaines maladies psychiatriques;
  • certains virus (ex : virus du Nil).

Quant au facteur génétique, les chercheurs n’ont toujours pas établi de corrélation précise. Ce facteur est présent chez certaines familles tandis qu’il est absent de chez d’autres. Toutefois, tous les gens atteints à ce jour présentaient un facteur héréditaire.

Symptômes et stades de la maladie

Plusieurs signes sont liés à la maladie de Parkinson, ceux-ci se divisent en deux grandes catégories : 

La maladie de Parkinson et la physiothérapie - schéma

Les signes moteurs (TRAP)

  • Tremblement
  • Rigidité
  • Akinésie (difficulté à initier les mouvements), Bradykinésie (lenteur inégale des mouvements)
  • Posture

Les signes non moteurs (DASH)

  •  Dépression, Douleur, Dysfonction autonomique, Démence parkinsonienne
  •  Anxiété, Apathie
  •  Trouble du Sommeil
  •  Hallucination, Psychose
  •  Fatigue
  •  Trouble cognitif

Du point de vue pathologique, la maladie est décrite en 4 phases d’évolution distinctes

Phase diagnostic

Le médecin diagnostique la maladie et un traitement initial est proposé avec la perspective d’éviter les complications.

Phase de lune de miel (6-8 ans)

Période où le patient répond bien à la médication et obtient un soulagement de ses symptômes.  

Phase de complications motrices et non-motrices

Le traitement médical est moins efficace.

Phase déclin

Les professionnels de la santé utilisent aussi une catégorisation générale (HOEHN YAHR), en lien avec la mobilité, pour décrire les différents stades de la maladie afin d’adapter les interventions selon les problématiques propres à chaque phase.

Classification HOENH YAHR (5 stades)

  • 0 – 1.5 – 2 – 2.5 = la personne éprouve des problèmes de rigidité
  • 3 = la personne chute
  • 4 = la personne est dépendante des gens pour marcher, pour fonctionner
  • 5 = la personne est complètement dépendante, circule en fauteuil roulant ou est alitée

Habituellement le professionnel de la physiothérapie est interpelé au stade 3 et des exercices pour éviter de chuter sont proposés au patient. Toutefois, de plus en plus de patients sont recommandés dès le stade 1 aux fins de prévention, de conseils ou encore pour assister à des classes d’exercices selon les lignes directrices canadiennes.

La maladie de Parkinson et la physiothérapie

Mai Pham fait partie d’une équipe interdisciplinaire qui est composée de professionnels en physiothérapie, en nutrition, en ergothérapie,  en orthophonie, en service social et en soins infirmiers. Ces professionnels travaillent tous en étroite collaboration avec un médecin afin de traiter les patients atteints de la maladie de Parkinson.

La communication, entre ces divers professionnels, est essentielle pour établir le portrait global du patient pour qu’il soit le plus réaliste possible afin de pouvoir proposer le plan d’intervention le mieux adapté aux besoins. Chaque patient est unique et le plan est individualisé. Toutefois, avant la phase 3, les exercices proposés par les professionnels de la physiothérapie sont souvent plus généraux.

En tant que physiothérapeute, le rôle de Mai Pham consiste à évaluer :

  • les signes moteurs et non moteurs;
  • les différents stades de la maladie;
  • les effets secondaires de la médication du Parkinson;
  • les interrelations entre les signes cliniques de la maladie et leurs impacts sur le niveau fonctionnel et la qualité de vie des patients;
  • les tests cliniques appropriés;
  • la cueillette de données complète (conformité de la médication, habitude, niveau d’activité, mode de vie, etc. );
  • le support social, le niveau fonctionnel de base du patient;
  • les objectifs ou les attentes du patient.


Par la suite, une analyse de tous ces éléments permettra d’établir les meilleures stratégies (exercices et autres) pour compenser les problèmes afin d’améliorer ou de maintenir l’autonomie fonctionnelle.

Outre les stratégies proposées, le professionnel de la physiothérapie doit conseiller, accompagner, informer, mais aussi sensibiliser les familles, entre autres sur l’importance d’aider tout en favorisant la participation de la personne atteinte, car il est primordial qu’elle conserve sa mobilité autant que possible.

Traitement et prévention

Pour diverses raisons liées à la mobilité, il est primordial que les exercices conseillés aux patients soient disponibles et facilement accessibles pour eux. Ces exercices visent principalement à améliorer :

  • la marche;
  • l’équilibre et la flexibilité;
  • la capacité aérobique;
  • l’initiation des mouvements;
  • l’indépendance fonctionnelle dans les transferts, les activités de la vie quotidienne;
  • la sécurité à domicile par des conseils sur l’environnement.

Références en ce qui a trait aux exercices

Voici deux références pour les exercices : 

Or, il ne suffit pas de faire quelques exercices et de prendre sa médication pour mieux vivre avec la maladie de Parkinson. L’auto-prise en charge de la maladie de Parkinson, l’acquisition du pouvoir d’agir et du pouvoir-faire sont des facteurs de réussite non négligeable. D’où la notion d’« empowerment » décrite dans la chronique d’Aygul et ses différentes composantes.

  1. La médication : bien connaître sa médication (dose, effets, etc.) et la respecter.
  2. La nutrition : bien s’hydrater et avoir une alimentation adéquate.
  3. Les activités physiques : exercices variés, adaptés et réguliers.
  4. Les activités sociales : participation à diverses activités sociales, important pour le bien-être.

La tulipe rouge a été adoptée comme symbole mondial de la maladie de Parkinson, et récemment, lors du dernier congrès international qui s’est tenu à Montréal (3rd World Parkinson Congress, 2013), « TULIPS » a été décortiqué pour faciliter la rétention et la compréhension de l’ensemble des éléments contribuant à mieux vivre avec la maladie de Parkinson. 

  • Time = prendre davantage son temps pour exécuter les mouvements du quotidien
  • Understanding = avoir une  bonne compréhension de la maladie
  • Life (quality of life) = conserver une qualité de vie, rester actif physiquement, mentalement et socialement
  • Increase = augmenter ses connaissances de l’environnement dans lequel on évolue
  • Pile on time = prendre sa médication à l’heure
  • Support = avoir des gens autour de soi, de l’aide, de l’écoute active

Plusieurs recours existent pour mieux vivre avec la maladie de Parkinson. Les professionnels de la santé peuvent vous guider vers plusieurs ressources de leur réseau.

Ressource supplémentaire

Veuillez noter que les informations proposées dans cet article représentent les opinions de professionnels de la physiothérapie reconnus pour leur expérience et leurs compétences dans le domaine. Ces propos ne doivent cependant pas être considérés comme une position officielle de l’Ordre sur un sujet donné. Si vous souhaitez participer à la réalisation d’un de nos prochains articles de blogue, nous vous invitons à nous écrire à communications@oppq.qc.ca.