Le soccer continue toujours de croître chez les jeunes. Partout sur les terrains du Québec, des milliers de jeunes et moins jeunes s’échangent le ballon lors de la saison estivale et hivernale.

Quoiqu’il soit un excellent sport pour la forme physique, il n’en demeure pas moins que la pratique du soccer peut entrainer certaines blessures. Ce sport sollicite grandement les membres inférieurs, il est donc normal que ces endroits du corps soient plus propices aux blessures.

Selon la physiothérapeute de l’équipe masculine de soccer du Rouge & Or de l’Université Laval, Emmanuelle Arbour, les entorses aux chevilles représentent 15 à 20 % des traumatismes sportifs. À travers cet article, elle nous propose d’en apprendre davantage sur la prévention, mais aussi sur les traitements de ces blessures.

Soccer et entorse à la cheville

En ce qui concerne les chevilles, ce sont de loin les entorses qui représentent la plus grande proportion des blessures. L’entorse atteint directement, à différents degrés, les ligaments de la cheville. Les ligaments étant une sorte de câble reliant deux os, formant l’articulation (ce sont les bandelettes blanches sur la photo ci-dessous). L’entorse se décline en plusieurs grades;  de légère (étirement du ligament) à sévère (déchirure du ligament). 

Soccer et entorse à la cheville - schéma

L’entorse peut survenir à la suite d’un simple faux pas ou lors d’une chute en hauteur. Mais généralement, elle se produit lorsqu’il y a torsion du pied vers l’intérieur. Les symptômes varient selon la gravité. En général, une enflure et une ecchymose apparaissent sur la surface externe du pied. S’appuyer sur sa cheville devient alors très douloureux, voir même impossible.

Quels sont les facteurs de risque ?

Une entorse à la cheville peut évidemment survenir de manière totalement accidentelle, mais certains facteurs peuvent augmenter les risques de blessures.

L’équipement

Des crampons mal adaptés à la surface de jeu, l’absence de crampons, des chaussures mal adaptées aux pieds (trop petites ou trop grandes) sont autant d’éléments augmentant le risque de blessures.

La surface de jeu

Les terrains synthétiques peuvent entrainer une augmentation de l’adhérence des crampons sur la surface. Cette adhérence accrue peut causer des blessures lors de changements de direction rapides et explosifs.

Le tacle

Qu’il soit bien fait ou non, le tacle peut occasionner un traumatisme à la cheville.

La diminution du contrôle musculaire du membre inférieur

La faiblesse du core (ensemble des muscles abdominaux) et la faiblesse du moyen fessier peuvent entraîner un facteur valgus (genou  et hanche qui vont vers l’intérieur) et une diminution de la stabilité lors de la réception d’un saut par exemple.

Le niveau de fatigue

En fin de match, le niveau de fatigue peut occasionner un manque de contrôle ou un relâchement musculaire pouvant mener à une torsion de la cheville.

Des blessures antérieures mal soignées

Que ce soit à la cheville ou au niveau d’autres parties du membre inférieur, des blessures mal traitées auparavant peuvent engendrer une compensation mécanique d’autres muscles entraînant d’autres blessures. Par exemple, une blessure antérieure aux ligaments de la cheville peut laisser une laxité ligamentaire (élasticité hors-norme des ligaments) et rendre la cheville fragile.

L’analyse du contrôle musculaire : un allié précieux pour prévenir l’entorse à la cheville

Pour Emmanuelle Arbour, le meilleur outil de prévention demeure l’analyse du contrôle musculaire des membres inférieurs faite par un professionnel de la physiothérapie. Il ne faut pas seulement s’attarder à une zone précise, mais plutôt examiner la problématique dans sa globalité. Est-ce que le mal de cheville est dû à une compensation de certains muscles des hanches ou des cuisses ? Est-ce un problème de stabilisation lombaire ? Est-ce simplement un manque de flexibilité ? Etc.

À la suite d’une analyse, le professionnel pourra recommander des exercices visant à travailler les zones déficientes pour améliorer le contrôle musculaire. Par exemple, voici quelques exercices améliorant la stabilité lombaire. 

Soccer et entorse à la cheville - exercicesAussi, les exercices de proprioception visent à travailler spécifiquement les membres inférieurs tout en améliorant le contrôle moteur. Il est toutefois important de comprendre que le fait de viser le renforcement isolé des muscles péroniers avec une bande élastique est insuffisant. Il faut aussi travailler la vitesse de réaction à une inversion rapide (changement de direction) par des exercices ciblés de proprioception, afin d’éviter une lésion ligamentaire.

Progression des exercices de proprioception

Soccer et entorse à la cheville - exercice

Soccer et entorse à la cheville : les bons réflexes 

Lorsque survient une blessure à la cheville, il est fortement recommandé de privilégier une activité qui ne sollicite pas l’articulation blessée. Dans le cas d’une entorse de grade léger où la stabilité ligamentaire n’est pas compromise, l’utilisation de chevillère ou l’application d’un taping fait par un professionnel sont des solutions temporaires. Ces actions contiendront sommairement l’enflure et stabiliseront les ligaments atteints en espérant ne pas aggraver la blessure.

Soccer et entorse à la cheville - illustration bandage

Dans le cas d’une entorse à la cheville, il faut d’abord réduire la douleur et l’enflure. La méthode RICE est une approche efficace dans les premières 48 à 72 heures.

  • Repos : laissez le temps au corps de récupérer et de guérir. Sans quoi, la blessure peut s’aggraver, devenir récurrente ou même engendrer d’autres blessures de compensation.
  • Immobilisation : comme l’enflure se situe sous le ligament, il est important de bien immobiliser la cheville pour espérer une guérison optimale. Selon le niveau de douleur, il peut être recommandé de ne pas marcher sur la cheville blessée.
  • Compression : l’utilisation d’un taping compressif contiendra l’enflure et améliorera le processus de guérison.
  • Élévation : élever la cheville aidera à la circulation sanguine et réduira l’enflure.

À cela s’ajoute impérativement l’application de glace pour diminuer l’enflure le plus rapidement possible. Efficace durant les premières 48 heures, l’application de glace doit s’effectuer ainsi : 

  • Appliquer de la glace durant 10 à 15 minutes toutes les 2 heures
  • Rétablir la compression entre les cycles de glace (voir exemples de taping et chevillère ci-haut). 

Pour une meilleure guérison de la blessure et pour qu’elle ne soit pas récurrente dans le futur, il est conseillé de consulter un professionnel de la physiothérapie. Ce dernier pourra, par le biais d’une analyse approfondie, déterminer les causes possibles de la blessure et suggérer une approche particulière pour le traitement, ainsi que des exercices adaptés pour s’assurer de venir renforcer les groupes musculaires contrôlant les zones impliquées.

Veuillez noter que les informations proposées dans cet article représentent les opinions de professionnels de la physiothérapie reconnus pour leur expérience et leurs compétences dans le domaine. Ces propos ne doivent cependant pas être considérés comme une position officielle de l’Ordre sur un sujet donné. Si vous souhaitez participer à la réalisation d’un de nos prochains articles de blogue, nous vous invitons à nous écrire à communications@oppq.qc.ca.