Descente d’organes (prolapsus) : 5 vérités

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Prolapsus

Prolapsus : 5 vérités

La semaine dernière, grâce au précieux témoignage de la physiothérapeute Louise Perrin, nous vous présentions cinq fausses croyances quant à la descente d’organes (prolapsus). Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir cinq vérités sur cette problématique typiquement féminine qui touche environ 40 % des femmes âgées de plus de 50 ans.

Descente d’organes : qu’est-ce que c’est ?

On appelle « prolapsus » la descente d’un ou de plusieurs organes du bassin vers l’entrée vaginale. Ces organes peuvent être la vessie, le vagin, l’utérus ou encore le rectum. Ce phénomène est dû au relâchement ou à l’endommagement des structures (ligament, muscles du plancher pelvien, etc.) qui soutiennent habituellement ces organes.

5 vérités sur le prolapsus

LA DESCENTE D’ORGANES PEUT TOUCHER LES FEMMES DE TOUT ÂGE.

VraiMême si la descente d’organes est une pathologie qui touche majoritairement les femmes de 50 ans et plus, les femmes plus jeunes peuvent également être touchées. Une femme ayant eu un accouchement difficile (utilisation de forceps, poussée longue, gros bébé) ou des grossesses à répétition peut avoir une descente d’organes en post-partum. Il est important de mentionner qu’une femme touchée par une descente d’organes pourra encore avoir des enfants. Elle devra cependant porter attention à la santé de son plancher pelvien et se faire aider par un professionnel de la santé.

LE SPORT A UN IMPACT SUR LES RISQUES D’AVOIR UNE DESCENTE D’ORGANES.

VraiCertains sports peuvent avoir un impact sur la santé de la femme et sur la probabilité d’avoir un prolapsus. Les sports nécessitant de soulever de lourdes charges, la course à pied de longue distance et le CrossFit, par exemple, peuvent avoir des répercussions sur le plancher pelvien, car ses tissus sont très sollicités. De plus, les femmes qui reprennent rapidement une activité sportive très intense (course à pied, danse, aérobie, etc.) après la grossesse augmentent le risque de souffrir d’une descente d’organes. La plupart du temps, les structures ne sont pas encore assez solidifiées pour supporter une activité physique intense. Ainsi, même si les kilos en trop et le besoin de se défouler se font sentir, il est recommandé d’attendre au moins trois à quatre mois[1] avant de reprendre une activité physique après une grossesse. Le choix du sport est également important et il vaut mieux miser sur un sport plus doux comme la natation, la marche ou le vélo jusqu’à ce que le plancher pelvien soit rétabli.

LES PROFESSIONNELS DE LA PHYSIOTHÉRAPIE PEUVENT AIDER À PRÉVENIR OU À TRAITER LA DESCENTE D’ORGANES.

VraiLes professionnels de la physiothérapie pratiquant dans le domaine de la rééducation périnéale et pelvienne ont un rôle très important dans la prévention et le traitement de la descente d’organe. Mme Perrin nous explique qu’en rééducation périnéale, la femme ayant un prolapsus sera évaluée et traitée avec une approche globale. On évaluera la force musculaire (muscles du plancher pelvien, abdominaux, muscles du dos, etc.), la posture de la femme, sa façon de réaliser ses activités quotidiennes et ses choix d’activités sportives, sa façon de respirer ou encore les différentes problématiques dont elle souffre (maux de dos, incontinence, constipation, etc.). Le professionnel de la physiothérapie travaillera alors à régler progressivement l’ensemble de ces problèmes, car ils peuvent tous jouer un rôle dans la descente d’organes. Si ce n’est pas suffisant pour diminuer les symptômes, l’ajout d’un pessaire pourrait être une option. Et si les traitements de première ligne en rééducation périnéale n’améliorent pas la situation, la femme pourra consulter en gynécologie pour envisager la chirurgie.

 Notez que dans 10 % des cas de descente d’organes, la femme devra avoir recours à la chirurgie. 

LA RÉÉDUCATION POST-PARTUM PEUT AIDER À PRÉVENIR LA DESCENTE D’ORGANES.

VraiLa descente d’organes ne se déclenchera pas forcément immédiatement après un accouchement. Cette problématique peut mettre des décennies avant que la femme en ressente les premiers symptômes. Mais s’il y a eu une déchirure ou une épisiotomie, ou une longue poussée, il est possible que le plancher pelvien soit touché. C’est pourquoi Mme Perrin recommande fortement de faire de la rééducation périnéale et pelvienne avant et après un accouchement. Le professionnel de la physiothérapie travaillera alors au renforcement du plancher pelvien à long terme. Une femme de 50 ans touchée par une descente d’organes a peut-être eu deux ou trois accouchements, un affaiblissement du plancher pelvien, des changements dus à la ménopause, etc. De l’accumulation de ces petits changements résulte un jour un manque de support d’un organe et des symptômes qui l’amènent à consulter.

LE PESSAIRE PEUT AIDER À TRAITER LA DESCENTE D’ORGANES.

VraiDans le cas d’une descente d’organes, la musculature est souvent étirée et affaiblie et la rééducation musculaire du plancher pelvien n’est pas toujours suffisante pour soutenir l’organe descendu. Le pessaire est une orthèse de silicone utilisée pour aider les muscles à soutenir l’organe descendu. Le pessaire peut être utilisé tous les jours ou de façon occasionnelle. Par exemple, il peut permettre à la femme de faire certaines activités qui pourraient autrement provoquer de l’inconfort. Son utilisation est très simple et peut être recommandée par un médecin ou un professionnel de la physiothérapie. Le professionnel de la physiothérapie expliquera à la femme le rôle du pessaire et lui montrera comment l’utiliser et le nettoyer. La patiente aura cependant besoin d’une prescription de son médecin ou de son gynécologue afin de s’assurer qu’elle ne souffre d’aucune problématique vaginale.

Rééducation périnéale et pelvienne : avez-vous pensé aux professionnels de la physiothérapie ?

 

Louise Perrin est physiothérapeute depuis presque 30 ans. Elle commence à faire de la rééducation périnéale et pelvienne en 1993. Depuis, elle travaille à son compte à aider les femmes aux prises avec des problèmes liés à leur santé pelvienne. Elle s’est également beaucoup investie dans la démarche qui permet aujourd’hui aux physiothérapeutes d’utiliser les pessaires.  

 
[1] Chantale Dumoulin. Avant et après bébé (2011)


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