Équitation et physiothérapie : avantages et risques de blessures

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Équitation et physiothérapie

L’équitation est un sport qui fait partie intégrante du paysage québécois, si bien que sa fédération compte 16 000 cavaliers . Cette discipline permet aux petits et aux grands de développer une relation privilégiée avec le cheval tout en pratiquant une activité physique aux nombreux atouts.

Cependant, les risques de blessures demeurent très présents et il est important de s’y pencher lorsqu’on pratique cette activité, surtout parce que la prévention limite considérablement ces risques. Émilie Chabot est physiothérapeute depuis 2015 et connaît bien ce sport. En tant que cavalière et professionnelle du mouvement, elle vous propose un portrait des avantages et des risques à pratiquer l’équitation.

Un sport où la relation avec l’animal est au premier plan

L’un des atouts les plus importants de l’équitation, que cette activité ne partage avec aucun autre sport, est la relation avec le cheval. La communication avec l’animal est au cœur de l’activité et permet au cavalier de développer de nombreuses qualités sociales, dont la patience, le respect et l’écoute.

Un sport aux atouts physiques méconnus

Bien que l’on dise souvent que l’équitation fait davantage travailler le cheval que son cavalier, cette discipline n’en demeure pas moins intéressante pour le corps. En effet, ce sport permet d’améliorer l’équilibre et la stabilisation du cavalier. En développant différentes parties du corps comme les abdominaux profonds, la ceinture pelvienne, les lombaires, les muscles des omoplates, le haut du dos ou encore les hanches, il contribue à sa stabilisation. C’est une façon de renforcer cette musculature en douceur et d’améliorer sa posture au quotidien.

C’est d’ailleurs pour ces avantages physiques que l’équitation est souvent utilisée dans le traitement de certains problèmes de santé, surtout auprès d’enfants ou de personnes ayant des handicaps moteurs. En physiothérapie, l’équithérapie (ou hippothérapie) est de plus en plus utilisée auprès des patients présentant des dysfonctions neuromusculosquelettiques. Cela constitue un complément à la thérapie classique afin de les aider à retrouver tout en douceur certaines de leurs capacités physiques au contact de l’animal.

L’hippothérapie et la physiothérapie vous intéressent ? Découvrez l’article « L’hippothérapie, une modalité thérapeutique à démystifier » dans la revue Physio-Québec (page 12).

Quelles sont les blessures les plus fréquentes chez le cavalier ?

Lorsqu’on pratique l’équitation, deux types de blessures sont possibles : les blessures « traumatiques » et les blessures « de surutilisation ». Les blessures traumatiques sont les plus fréquentes. Elles sont causées par les chutes, mais également par les réactions de l’animal lorsque vous êtes à son contact. Pour ce qui est des blessures de surutilisation, bien que plus rares, elles sont souvent dues à une mauvaise pratique du sport et à la répétition d’un mouvement mal fait.

De façon générale, les blessures les plus fréquentes lorsque l’on pratique l’équitation sont :

La commotion cérébrale

  • Blessure traumatique
  • Emplacement : la tête.
  • Symptômes : il est important de rappeler qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une perte de conscience ou encore un coup direct à la tête pour avoir une commotion cérébrale. Une commotion cérébrale est liée à des symptômes et peut se manifester après une chute sur une autre partie du corps, par exemple les fesses. Les symptômes d’une commotion cérébrale sont : maux de tête, vertiges et/ou étourdissements, difficulté de se concentrer, désorientation ou encore vomissement.
  • Que faire ? Si vous ressentez l’un de ces symptômes, il est indispensable de consulter rapidement un médecin. La commotion cérébrale doit être prise rapidement en charge afin de favoriser une récupération optimale et d’en assurer le suivi.

Les entorses et les fractures

  • Blessure traumatique
  • Emplacements : les cervicales (le cou), le poignet ou encore les épaules.
  • Symptômes : en cas d’entorse, vous ressentirez une vive douleur centralisée dans la partie touchée. De l’enflure ou une coloration de la peau (bleu) peuvent également survenir. Cette blessure est la plus courante en cas de chute. Elle est beaucoup moins grave que la fracture et la partie atteinte peut encore bouger. Si vous n’êtes pas capable de bouger, il est possible que votre blessure soit plus grave et que vous ayez une fracture.
  • Que faire ? Si la partie du corps touchée peut bouger, ne paniquez pas et laissez-vous le temps de récupérer. Reposez-vous et observez l’évolution de la blessure au cours des jours qui suivent. Si la douleur diminue et que vous commencez progressivement à retrouver votre mobilité, il n’est pas nécessaire de consulter un professionnel de la santé. Vous pourrez reprendre progressivement votre activité, à condition d’avoir retrouvé vos capacités. Si vous êtes incapable de faire bouger la partie du corps atteinte et que la douleur est très intense, il est important de consulter rapidement un professionnel de la physiothérapie ou un médecin.

Les douleurs aux hanches et aux poignets

  • Blessure de surutilisation
  • Emplacements : hanches ou poignets
  • Symptômes : des douleurs persistantes se manifestent généralement pendant l’activité, mais aussi après. La douleur évolue progressivement et devient de plus en plus dérangeante.
  • Que faire ? Si la douleur devient dérangeante et vous empêche de faire vos activités quotidiennes, il est important de demander l’avis d’un médecin ou d’un professionnel de la physiothérapie.

Les douleurs à la poitrine (chez la femme)

  • Blessure de surutilisation
  • Emplacement : poitrine
  • Symptômes : une étude récente a démontré que 40 % des femmes qui pratiquent l’équitation ressentent des douleurs à la poitrine. Les allures du cheval étant souvent rebondies, il est possible de ressentir une douleur plus ou moins vive lorsque vous êtes à cheval.
  • Que faire ? Il est important pour une femme de bien choisir son soutien-gorge lorsqu’elle pratique l’équitation. Ce dernier doit être capable de soutenir sa poitrine, peu importe l’allure et les mouvements du cheval. Si vous ressentez de la douleur lorsque vous montez à cheval, pratiquez votre activité progressivement afin de laisser à votre corps le temps de s’adapter. Les muscles qui entourent la poitrine se renforceront au fil du temps. Si la douleur persiste, il est important de demander l’avis d’un médecin.

Fausse croyance : les maux de dos et l’équitation vont-ils de pair ?

Dans le cas de personnes qui pratiquent l’équitation de manière récréative, il est complètement faux de croire que cette discipline est dangereuse pour leur dos. Au contraire, l’équitation est une discipline qui muscle et renforce le dos, à condition qu’elle soit bien pratiquée.

Qui sont les cavaliers les plus à risque de se blesser ?

Avant toute chose, il est important de savoir que le risque de blessure n’est pas forcément lié à la discipline pratiquée, mais davantage au comportement du cavalier à côté et sur le cheval. En effet, les personnes les plus à risque de se blesser à cheval sont :

  • les enfants ;
  • les débutants ;
  • les personnes non encadrées ;
  • les personnes imprudentes.

De nombreuses études démontrent que la prévention demeure le meilleur moyen de limiter les risques de blessures à cheval. Il est donc important dès le début de développer de bonnes habitudes afin de pratiquer le sport de façon sécuritaire et bénéficier de tous les avantages qu’il a à vous offrir !

Équitation et physiothérapie

Les professionnels de la physiothérapie jouent un rôle important auprès des cavaliers. D’un point de vue préventif, ils peuvent vous aider à déterminer d’où proviennent vos douleurs et quel mouvement en est la cause. Vous pourrez alors améliorer votre pratique et limiter les risques de blessures plus graves.

Le professionnel de la physiothérapie est également très présent lorsqu’on parle de traitement des blessures, quelles qu’elles soient. Vous pouvez consulter un professionnel de la physiothérapie au sujet d’une commotion cérébrale, d’une fracture ou encore de douleurs aux hanches ou aux poignets. En plus de vous aider dans votre traitement, celui-ci vous accompagne également dans la reprise de votre activité. N’hésitez donc pas à faire appel à ses précieux conseils.

Émilie Chabot a d’abord été reçue thérapeute en réadaptation physique en 2011, puis a poursuivi ses études pour devenir physiothérapeute. Elle décroche son diplôme en 2015 et commence immédiatement à pratiquer sa profession en clinique privée. Aujourd’hui, elle côtoie une clientèle très variée au sein de la clinique Physio Extra Lachenaie. Cavalière aguerrie, elle pratique l’équitation depuis plus de 15 ans et possède son propre cheval depuis 11 ans.

Équitation et physiothérapie : Émilie Chabot

La physiothérapeute Émilie Chabot et sa jument

Références bibliographiques

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  2. Wolyncewicz, G.E.L., C.S. Palmer, H.E. Jowett, J.M. Hutson, S.K. King et W.J. Teague. « Horse-related injuries in children — unmounted injuries are more severe: A retrospective review », Injury, 2017, vol. 48, no 12.
  3. Theodore, J.E., S.G. Theodore, K.A. Stockton et R.M. Kimble. « Paediatric horse-related trauma », Journal of Paediatrics and Child Health, 2017, vol. 53, no 6.
  4. O’Connor, S., P.L. Hitchens et L.V. Fortington. « Hospital-treated injuries from horse riding in Victoria, Australia: time to refocus on injury prevention? » BMJ Open Sport & Exercise Medicine, 2018, vol. 4, no 1.
  5. Weber, C.D., A.R. Nguyen, R. Lefering, M. Hofman, F. Hildebrand et H.C. Pape. « Blunt injuries related to equestrian sports: results from an international prospective trauma database analysis », International Orthopaedics, 2017, vol. 41, no 10, p. 2105-2112.

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