L’OPPQ, l’AQP et la FCPQ se mobilisent pour la Journée mondiale de la physiothérapie
5 septembre 2026
A quelques jours de la Journée mondiale de la physiothérapie, le 8 septembre 2026, les trois organisations appellent les formations politiques à faire preuve d’ambition et à engager les réformes nécessaires pour améliorer l’accès à la physiothérapie en première ligne en publiant une lettre ouverte. Cette dernière a déjà été publiée par plusieurs médias.
Le Québec dispose de tous les éléments pour améliorer l’accès aux soins et désengorger son système de santé
À l’occasion de la Journée mondiale de la physiothérapie, l’OPPQ, l’AQP et la FCPQ lancent un message aux formations politiques: le Québec dispose de leviers concrets pour améliorer l’accès aux soins, réduire les coûts et désengorger son système de santé. Il faut maintenant avoir l’ambition de les utiliser pleinement.
Le Québec a fait évoluer l’organisation des soins, les pratiques professionnelles et la collaboration interdisciplinaire. La prochaine étape est claire: permettre à chaque professionnel de la santé de contribuer pleinement, en toute autonomie, à la hauteur de ses compétences et de sa formation.
Le bon professionnel, au bon moment
Notre système de santé repose encore trop souvent sur un parcours où le médecin est la porte d’entrée pour une multitude de problèmes que d’autres professionnels pourraient évaluer et prendre en charge. Une personne qui consulte par exemple pour une douleur au dos, une entorse, une perte de mobilité ou d’autonomie ou encore un problème musculosquelettique n’a pas toujours besoin de commencer son parcours en consultant un médecin. Elle a besoin du bon professionnel, au bon moment, pour recevoir les soins adaptés à sa condition.
Les physiothérapeutes sont formés pour établir un diagnostic, déterminer un pronostic et intervenir de façon autonome. Ils peuvent déjà prescrire des radiographies et prendre en charge plusieurs conditions complexes. Les technologues en physiothérapie jouent également un rôle essentiel auprès de nombreuses clientèles, notamment pour prévenir le déconditionnement et favoriser le maintien à domicile.
Un système de santé qui doit répondre à une nouvelle réalité
Le Québec fait face à des changements qui exerceront une pression croissante sur notre système de santé. En 2023-2024, selon l’Institut national de santé publique du Québec, 56 % des personnes âgées de 65 ans et plus vivaient avec au moins deux maladies chroniques.
Le vieillissement de la population, la multimorbidité et la forte prévalence des troubles musculosquelettiques accentuent la pression sur le réseau. Sans prise en charge rapide, ces problèmes peuvent entraîner chronicisation, perte d’autonomie, absentéisme et utilisation accrue des services de santé.
Or, une part importante de ces problèmes peut être évaluée et prise en charge par des physiothérapeutes et des technologues en physiothérapie.
Donner davantage de place à la physiothérapie
Le Québec compte aujourd’hui plus de 6 600 physiothérapeutes et 3 400 technologues en physiothérapie qui exercent tant dans le secteur privé que dans le réseau public et travaillent en collaboration notamment avec les médecins, les pharmaciens, les infirmières, les ergothérapeutes, etc.
Que ce soit, dans les GMF, les cliniques musculosquelettiques, les urgences ou dans les cliniques privées, donner davantage de place à la physiothérapie en première ligne permettrait de:
- faciliter l’accès aux soins;
- réduire le fardeau des médecins;
- contribuer au désengorgement des urgences et des listes d’attente;
- réduire les délais de prise en charge et les coûts du système de santé;
- prévenir la perte d’autonomie et la chronicisation des problèmes.
L’organisation de la première ligne doit permettre à la personne un accès direct vers le professionnel le mieux placé pour répondre à son besoin, sans imposer systématiquement une consultation médicale préalable.
Les résultats obtenus dans les milieux où les physiothérapeutes et les technologues en physiothérapie sont davantage intégrés à la première ligne démontrent qu’il est possible de faire les choses autrement. Il faut maintenant adapter le cadre législatif à cette réalité, notamment en reconnaissant aux physiothérapeutes le diagnostic en santé physique correspondant à leur champ d’exercice.
En ce 8 septembre, nous invitons les formations politiques à s’engager concrètement à mieux intégrer la physiothérapie à la première ligne, à permettre un accès direct vers le professionnel approprié et à arrimer le cadre législatif, à la pratique clinique notamment par la reconnaissance du diagnostic en santé physique par les physiothérapeutes. Le Québec possède déjà l’expertise nécessaire.
Luc J. Hébert, Fellow pht, président
Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec (OPPQ)
Samuel Trottier-Lapointe, pht, président
Association québécoise de la physiothérapie (AQP)
Édith Castonguay, pht, présidente
Fédération des cliniques de physiothérapie du Québec (FCPQ)