Bureau du syndic
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Par Louise Gauthier, pht, LL. M.
Syndique

OUI, MAIS JE L’AIME…

La relation professionnelle établie entre un patient et le professionnel qui le traite est la pierre angulaire du lien de confiance qui existe entre les deux. Ce lien est fragilisé et peut être rompu lors de toute inconduite sexuelle, qui dépasse les limites propres à une relation professionnelle[1].

Comme professionnels de la santé, le physiothérapeute et le thérapeute en réadaptation physique sont sollicités par les patients pour leurs connaissances en physiothérapie et leur soutien en matière de réadaptation. Les professionnels sont les soignants et les patients, les soignés. Au sein de cette relation, une inégalité inévitable s’installe : d’un côté, la vulnérabilité des patients et, de l’autre, le pouvoir des professionnels qui deviennent les confidents de leurs maux, de leurs craintes et, le plus souvent, de leur situation personnelle. Le professionnel de la physiothérapie assume la grande responsabilité d’assurer le bien-être du patient dans son domaine.

Au-delà de la grande confiance des patients envers leurs soignants, il peut arriver que certains de nos membres abusent de leur autorité en transgressant celle-ci pour avoir des relations intimes avec eux. Certains diront qu’ils sont « tombés en amour », que le patient s’est accroché à eux, que la vie personnelle de l’un ou de l’autre est en désarroi ou encore qu’ils sont faits l’un pour l’autre. Toutes ces raisons, même si elles semblent valables, ne l’emportent pas sur le fait que le professionnel de la santé a la responsabilité ultime de protéger à tout prix la relation professionnelle si importante. Pourquoi ? Parce que cette relation constitue les assises sur lesquelles se fondent toutes les professions.

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Au cours des dernières années, plusieurs plaintes pour inconduite de nature sexuelle déposées contre des professionnels de la physiothérapie ont été traitées. Or, même si ces cas ne constituent pas la majorité des plaintes, ils nous préoccupent sérieusement. En effet, un manquement aussi grave ne peut s’expliquer alors que l’interdiction absolue au regard des relations de nature sexuelle et des liens intimes avec les patients est inscrite clairement dans le Code des professions et dans le Code de déontologie des physiothérapeutes et des thérapeutes en réadaptation physique. Au-delà de la grande confiance des patients envers leurs soignants, il peut arriver que certains de nos membres abusent de leur autorité en transgressant celle-ci pour avoir des relations intimes avec eux. Certains diront qu’ils sont « tombés en amour », que le patient s’est accroché à eux, que la vie personnelle de l’un ou de l’autre est en désarroi ou encore qu’ils sont faits l’un pour l’autre. Toutes ces raisons, même si elles semblent valables, ne l’emportent pas sur le fait que le professionnel de la santé a la responsabilité ultime de protéger à tout prix la relation professionnelle si importante. Pourquoi ? Parce que cette relation constitue les assises sur lesquelles se fondent toutes les professions.

L’article 59.1 du Code des professions décrit sans équivoque comme un acte dérogatoire à la dignité de sa profession le fait pour un professionnel, pendant la durée de la relation professionnelle qui s’établit avec la personne à qui il offre des services, d’abuser de la relation professionnelle pour avoir avec elle des relations sexuelles, de faire des gestes abusifs à caractère sexuel ou de tenir des propos abusifs à caractère sexuel.

L’article 39 du Code de déontologie réitère l’obligation professionnelle de nos membres en parlant de liens intimes, amoureux ou sexuels. Il met l’accent sur la durée de la relation professionnelle qui peut s’établir en tenant compte, notamment, de la vulnérabilité du client, de son problème de santé, de la durée des traitements et de la probabilité d’avoir à redonner des traitements au client. La fin d’un service professionnel n’équivaut pas nécessairement et dans tous les cas à la fin de la relation professionnelle. La relation thérapeutique ne meurt pas une fois la séance terminée.

Le bureau du syndic est clair à ce sujet : aucune raison ne peut être invoquée pour justifier un abus de pouvoir de cette nature de la part de nos membres. Une telle transgression de la relation de confiance avec nos clients est sérieuse et mérite une intervention urgente et exemplaire. Non seulement un membre ne peut ternir la réputation de la profession, mais surtout, il n’a pas le droit de rompre et d’ébranler la confiance du public envers nos services. Deux mots doivent être bien compris par nos membres en matière d’inconduite de nature sexuelle : tolérance zéro !

Certes, l’amour et les liens intimes ont leur place dans nos vies personnelles, mais pas dans nos relations professionnelles avec nos patients. L’intégrité dans la prestation de services de qualité est à protéger au-delà de tout.

 

[1] Inspiré d'un texte de la Corporation professionnelle des médecins du Québec, L'inconduite de nature sexuelle dans la relation médecin-patient, déc. 1993.