Chronique étudiante

LA MARCHE NORDIQUE CHEZ LES PERSONNES ATTEINTES DE MALADIE PULMONAIRE OBSTRUCTIVE CHRONIQUE – ÉTUDE PILOTE 

Par Stephanie Antoniades1,2,3 , Jennifer Chung Lim1,2,3, Nikita Gandhi1,2,3, Mathilde Montambault1,2,3, Lisa Ricci1,2,3, sous la supervision de Jadranka Spahija,1,2,3

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De gauche à droite : Richard Preuss, PT, PhD, Professeur adjoint, SPOT, Stephanie Antoniades, Mathilde Montambault, Nikita Gandhi, Barbara Mazer, PhD, Professeure adjointe, SPOT, Université McGill, Sara Ahmed, PT, PhD, Professeure agrégée, SPOT, Université McGill

Ce texte présente les résultats du projet de recherche ayant remporté le premier prix parmi ceux effectués par les étudiants de deuxième année à la maîtrise professionnelle de l’École de physiothérapie et d’ergothérapie McGill en 2014. Il a été réalisé par cinq étudiantes avec la collaboration de David Anekwe1,2,3, étudiant au doctorat en sciences de la réadaptation de McGill, d’Isabelle Barreira1,3,4, stagiaire d’été de recherche (programme Sciences sans frontières) et de Michel de Marchie5, intensiviste de l’Hôpital général juif.

Objectif

Cette étude visait à comparer les effets de la marche nordique (MN) à ceux de la marche habituelle (MH) sur la distance de marche, la perception d’essoufflement, la fatigue des jambes et les aspects physiologiques et métaboliques à court terme chez les personnes atteintes de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) et chez des individus en santé.

Méthode

Cette étude pilote a été réalisée à l’aide d’un modèle croisé randomisé. Onze participants atteints de MPOC ont été recrutés parmi les patients participant au projet RESPIR de l’Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal et parmi les patients participant au programme de réadaptation pulmonaire de l’Hôpital juif de réadaptation de Laval. Le groupe témoin était constitué de cinq participants dont l’âge et le sexe étaient similaires au groupe de patients MPOC. Les participants ont chacun effectué deux tests de marche de six minutes (6MWT), une fois avec et une fois sans les pôles de marche nordique. Leurs sensations d’essoufflement et de fatigue des jambes ont été évaluées toutes les minutes à l’aide de l’échelle de Borg. Les paramètres métaboliques et de respiration ont été mesurés à l’aide de l’appareil de télémétrie portable Cosmed K4b2. L’analyse de la distance parcourue lors des tests de marche a été effectuée à l’aide de tests t de Student appariés. Des mesures ANOVA répétées ont été effectuées afin d’analyser la différence intrasujet de la moyenne des autres paramètres.

Résultats

Chez les patients atteints de MPOC, la différence entre les distances de marche ou les mesures de sensation d’essoufflement ou de fatigue des jambes n’était pas significative entre la MN et la MH. Toutefois, les mesures d’essoufflement présentaient une tendance à la baisse lors de la MN, tandis qu’une hausse de la fréquence respiratoire, de la ventilation minute, de la consommation d’oxygène, de la dépense énergétique et de la fréquence cardiaque a été notée (p<0,05). Chez les sujets témoins, aucune différence significative n’a été notée entre les données recueillies lors de la MN et de la MH.

Conclusion

La MN chez les patients atteints de MPOC entraîne une augmentation de la charge d’exercice sans toutefois augmenter la sensation d’essoufflement ou de fatigue des jambes. La MN constitue donc une stratégie prometteuse à adopter dans le contexte de programmes de réhabilitation pulmonaire.


1 École de physiothérapie et d’ergothérapie, Université McGill, Montréal, 2 Centre de recherche Feil/Oberfeld, Hôpital juif de réadaptation, site du Centre de recherche interdisciplinaire en réadaptation (CRIR), Laval, 3 Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal, Université de Montréal, 4 Programme Sciences sans frontières (Science Without Borders program), 5 Soins intensifs, Hôpital général juif, Montréal.