Développement et soutien professionnels
OPPQ-photos3

Par Sandy Sadler, pht
Directrice du développement et du soutien professionnels

INSERTION D’UN PESSAIRE D’ESSAI SANS PRESCRIPTION MÉDICALE : UNE BONNE NOUVELLE POUR LES PHYSIOTHÉRAPEUTES ŒUVRANT EN RÉÉDUCATION PÉRINÉALE ET PELVIENNE

L’Ordre a apporté des modifications au document Prise de position entourant l’insertion du pessaire dans le cadre de la pratique de la rééducation périnéale et pelvienne, adopté en novembre 2007[1]. Ces modifications, appuyées par le Collège des médecins du Québec, précisent que le physiothérapeute peut désormais procéder à l’insertion d’un pessaire d’essai à une cliente sans que celle-ci ait besoin d’une autorisation préalable de son médecin.

DEUX CONTEXTES DISTINCTS

Le pessaire, dispositif placé dans le vagin afin de soulager les symptômes causés par un prolapsus génital, est utilisé en physiothérapie dans deux contextes cliniques distincts. Cet instrument est employé d’abord sur une courte période d’environ 30 minutes, ce qui permet de vérifier s’il diminue les symptômes de la cliente et s’il pourrait devenir une option de traitement. Dans ce premier contexte, il est communément appelé « pessaire d’essai ».

Le pessaire est aussi utilisé sur de plus longues périodes comme solution de traitement pour la cliente. Dans ce deuxième contexte, il est appelé « pessaire définitif ».

La prise de position antérieure de l’Ordre s’appliquait à ces deux contextes cliniques d’utilisation sans aucune distinction. Or, les situations rapportées par le public, les médecins et les physiothérapeutes indiquent clairement qu’il y a un avantage certain à distinguer ces deux contextes cliniques différents dans la prise de position de l’Ordre.

image_pessairesUNE MODIFICATION TOTALEMENT JUSTIFIÉE

Dans le contexte d’un traitement physiothérapique, le pessaire d’essai est toujours utilisé sous la supervision du physiothérapeute. Puisque le pessaire est inséré pour une très courte période de temps, les contre-indications au port d’un pessaire définitif ne s’appliquent généralement pas au pessaire d’essai. Ce dernier peut donc être considéré comme tout autre instrument utilisé dans le cadre de la pratique des physiothérapeutes œuvrant en rééducation périnéale et pelvienne. Ainsi, l’insertion d’un pessaire d’essai est un cas illustrant cette activité réservée aux physiothérapeutes qui consiste à « introduire un instrument ou un doigt dans le corps humain au-delà des grandes lèvres ou de la marge de l’anus »[2], au même titre que l’utilisation de divers instruments par le physiothérapeute sans examen médical préalable, dont la sonde vaginale, le spéculum, le cône ou le dilatateur vaginal.

Ainsi, les modifications à la prise de position permettront aux physiothérapeutes de procéder à l’insertion d’un pessaire d’essai pour une courte durée, sans évaluation médicale préalable, lorsque l’évaluation physiothérapique conduit à l’hypothèse que cette modalité pourrait être appropriée. De toute évidence, il est attendu que le physiothérapeute fasse preuve de jugement clinique et qu’en cas de doute, il attende l’évaluation d’un médecin avant d’insérer un pessaire d’essai. Quant à l’insertion d’un pessaire définitif, mentionnons qu’aucune modification ne sera apportée à la prise de position et que l’évaluation médicale préalable demeurera nécessaire.

L’Ordre tient à remercier tous les physiothérapeutes qui ont contribué à ce dossier et qui ont permis de clarifier cette situation clinique particulière. Il va sans dire que ce gain permettra d’optimiser les soins offerts à la clientèle en rééducation périnéale et pelvienne.


[1] Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec. Prise de position entourant l’insertion du pessaire dans le cadre de la pratique de la rééducation périnéale et pelvienne, novembre 2007. 

[2] Code des professions, L.R.Q., c. C-26,  article 37.1, paragraphe 3, sous-paragraphe c.