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DENIS PELLETIER, physiothérapeute,M. Sc.
Diplômé en physiothérapie sportive

La référence des physiothérapeutes aux médecins spécialistes et l’ordonnance verbale : savoir s’en servir dans l’intérêt fondamental de nos patients

Il a été question, ces derniers mois, de deux sujets forts intéressants pour l’exercice de la physiothérapie au Québec : la référence des physiothérapeutes aux médecins spécialistes et l’ordonnance verbale d’un médecin faite à un physiothérapeute au bénéfice d’un patient.

Prenons quelques instants pour revenir sur les grandes lignes de ces sujets.

Référence des physiothérapeutes aux médecins spécialistes

Les physiothérapeutes peuvent référer à un médecin spécialiste dans les cas relevant de leur champ d’expertise et les médecins spécialistes peuvent recevoir et traiter directement ces cas, au bénéfice des patients et du système de santé. Cette façon de faire favorise une prise en charge efficace et plus rapide pour le patient qui sera évalué directement par le médecin spécialiste le plus approprié pour sa condition médicale sans avoir à se faire réévaluer par un médecin omnipraticien d’abord. À titre d’exemple, on peut penser à un physiothérapeute référant un patient à un orthopédiste.

Cette situation n’est pas unique et des exemples existent déjà dans le système de santé québécois. Par exemple, un optométriste peut référer un patient à un ophtalmologiste, un psychologue à un psychiatre ou encore un audiologiste à un oto-rhino-laryngologiste.

Qu’arrive-t-il si un physiothérapeute désire orienter un patient vers un médecin spécialiste en radiologie pour un test d’imagerie ou pour
une intervention thérapeutique ? 

Certains radiologistes offrent à leur clientèle divers moyens d’investigation et de traitement (par exemple, des tests d’imagerie ou des infiltrations sous guidage échographique ou radiologique). Ces interventions se font habituellement sur prescription médicale. Or, pour éviter d’imposer des délais plus longs aux patients qui ont besoin de ces interventions, certains physiothérapeutes souhaitent diriger ces cas directement au radiologiste. Dans ces circonstances, lorsqu’un radiologiste accepte de recevoir directement un patient qui lui a été référé par un physiothérapeute, il doit assumer certaines responsabilités afin de respecter ses obligations déontologiques. Le radiologiste doit, notamment, établir un diagnostic et élaborer un plan de traitement incluant la prescription des analyses, des examens et de la médication requise pour le patient. De plus, il doit assurer le suivi médical requis ou, si le patient a un médecin de famille, convenir avec celui-ci du suivi médical. Ce suivi pourrait également se faire en collaboration avec le physiothérapeute. Étant donné ces divers enjeux, il est important que les canaux de collaboration et de communication entre le médecin de famille, le physiothérapeute et le radiologiste soient établis dès le départ pour que le patient en bénéficie. 

Ordonnance verbale

En plus de pouvoir référer directement un patient à un médecin spécialiste, un physiothérapeute peut également servir d’intermédiaire entre un médecin de famille et un médecin spécialiste grâce à une ordonnance verbale du premier.

Reprenons l’exemple du médecin radiologiste. Un médecin de famille qui a déjà évalué le patient pour sa condition clinique et qui travaille en collaboration étroite avec un physiothérapeute pourrait, à la suite d’une demande de ce dernier, lui communiquer une ordonnance verbale pour qu’un examen radiologique soit effectué.

Le physiothérapeute remplira alors une requête pour un examen radiologique selon l’ordonnance verbale reçue du médecin et ce dernier sera identifié sur la demande. En recevant cette ordonnance, le professionnel de la santé responsable d’effectuer l’examen demandé sera alors autorisé à le faire et le radiologiste interprétera l’examen et fera parvenir ses conclusions au médecin de famille et au physiothérapeute. Le médecin de famille sera alors responsable d’assurer le suivi requis selon les résultats de l’investigation.

Pour en apprendre davantage, je vous invite à lire les documents pertinents suivants :

  1. La référence du physiothérapeute à un médecin spécialiste, par l’OPPQhttps://oppq.qc.ca/wp-content/uploads/2015/10/La-reference-duphysiotherapeute-a-un-medecin-specialiste.pdf
  2. Orienter n’égale pas prescrire, par le Collège des médecinshttp://www.cmq.org/nouvelle/fr/orienternegale-pas-prescrire.aspx

Des changements importants à l’inspection professionnelle

Dans le présent numéro du Physio-Québec, le comité d’inspection professionnelle vous présente la nouvelle politique encadrant le processus d’inspection professionnelle. En accord avec la nouvelle philosophie de rédaction simplifiée des dossiers, les outils d’inspection utilisés seront simples et rapides à remplir pour les membres tout en conservant la rigueur du processus d’inspection. De plus, les outils d’inspection utilisés correspondront à la réalité des membres et tiendront compte du fait qu’ils sont cliniciens ou non. Je vous invite à en apprendre davantage en consultant la chronique de l’inspection professionnelle.

Le président,

 Signature_manuscrite_Denis_Pelletier_bleue 

Denis Pelletier, pht., M. Sc.
Président

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