Sports d’équipe chez les enfants : tout savoir sur les avantages et les risques

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Sports d’équipe chez les enfants : avantages et risques

Sports d’équipe et enfants : les avantages et les blessures les plus fréquentes

Ça y est, votre petit bout de chou est en âge de commencer à pratiquer un sport d’équipe ! Que ce soit du soccer, du football ou encore du hockey, tous ces sports ont de nombreux avantages, mais comportent aussi leur lot de risques.

Bastien Garon est physiothérapeute depuis 2014 et côtoie de nombreux petits sportifs en herbe. Il vous propose de découvrir dans cet article les avantages de pratiquer un sport d’équipe, mais aussi les blessures les plus fréquentes chez les enfants.

Quels sont les bienfaits des sports d’équipe pour mon enfant ?

Quel que soit le sport d’équipe que votre enfant choisit, il aura toujours de nombreux bienfaits sur sa santé.

Tout d’abord, pour ce qui est de la santé globale, la pratique d’un sport d’équipe permet à l’enfant de rester actif et d’éviter la sédentarité. Ces activités s’avèrent également intéressantes pour les enfants souffrant de maladies chroniques telles que l’asthme ou le diabète, car elles leur permettent de garder la forme. Dans ces cas cependant, un suivi médical serait judicieux ainsi qu’une attention particulière à l’état de l’enfant.

D’un point de vue physique, les sports d’équipe permettent de développer la coordination, la force ou encore la souplesse. Pour les plus jeunes, ces activités permettent de développer leur « patron moteur », soit leur façon de réaliser certains gestes qu’ils réutiliseront tout au long de leur vie (courir, marcher, sauter, grimper, lancer, etc.).

Enfin, ces activités permettent aussi à l’enfant de développer des aptitudes sociales comme l’écoute, la collaboration, l’entraide et le respect des autres.

Pourquoi mon enfant se blesse-t-il ?

Comme dans tous les sports, il existe un risque de blessures. Les facteurs de risque sont en général directement liés à la condition de l’enfant et au sport pratiqué.

La croissance de l’enfant et le manque de coordination

Lorsqu’un enfant est en pleine croissance, sa coordination n’est pas encore optimale, entre autres, parce que son centre de gravité change constamment. L’augmentation de sa taille et de son poids modifie son centre de gravité, ce qui l’oblige régulièrement à se repositionner et à réapprendre à effectuer certains gestes. Ces changements impliquent une perte de coordination pouvant mener à des blessures.

La différence

Chaque enfant est différent et c’est d’autant plus vrai quand il s’agit de créer une équipe sportive. Les enfants ne vont pas tous au même rythme et ne possèdent pas les mêmes capacités physiques. Alors, bien souvent, les joueurs d’une équipe ne sont pas au même niveau.

Cette diversité peut également mener à des blessures. Par exemple, un enfant qui est plus performant que les autres peut être appelé à jouer plus souvent que ses coéquipiers. Il pourrait alors ressentir une plus grande pression, ce qui peut l’inciter à prendre des risques et à se blesser. À l’inverse, un enfant qui se sentira moins performant que ses camarades pourrait être amené à dépasser ses limites et à prendre des risques, ce qui peut aussi entraîner des blessures.

Le dépassement des limites et la méconnaissance de soi

Les enfants qui n’ont jamais pratiqué de sport et qui ne se sont jamais blessés sont également plus à risque, car ils ne connaissent pas leurs limites. Il est également possible que l’enfant n’associe pas la sensation de douleur à une blessure. Il continue à la tolérer et à pratiquer le sport sans être conscient que la situation peut s’aggraver. Chez certains enfants, la douleur doit être intense pour qu’il s’arrête et, dans ces cas, la blessure sera déjà bien présente.

Il est important de se rappeler que l’enfant découvre son corps et apprend à le comprendre tout au long de son évolution vers l’âge adulte. Il peut donc être difficile pour lui de différencier une sensation physique normale d’une douleur due à une blessure.

Les mauvaises techniques

Que l’on soit adulte ou enfant, le développement de mauvaises techniques sportives est toujours un facteur de risque important.

Dans le cas de l’enfant, la pratique d’un sport d’équipe lui apprendra à effectuer des gestes qu’il ne pratique pas forcément dans son quotidien ou d’autres encore qu’il n’a jamais appris à faire. Par conséquent, il n’est pas rare que l’exécution de ces mouvements soit imparfaite. Si l’enfant n’est pas bien encadré, la répétition d’une mauvaise technique peut entraîner des blessures.

Le surentraînement

Le surentraînement est une cause fréquente de blessure chez les enfants qui pratiquent un ou plusieurs sports de façon excessive.

 

Un exemple pour mieux comprendre

Un athlète adulte pratiquant le soccer au niveau olympique exerce son sport de façon intense pendant 8 à 10 mois par an et se repose le reste du temps pour permettre à son corps de récupérer (repos et conditionnement physique). Certains jeunes au Québec, pourtant en pleine croissance, jouent pendant 2 saisons de soccer par an, ce qui équivaut à plus de 13 mois d’activité par année, car les saisons se chevauchent. Ces enfants et adolescents, qui n’ont pas encore développé toutes leurs capacités physiques, pratiquent donc presque deux fois trop leur activité. Il est également fréquent que ces enfants ne pratiquent pas d’autres sports, ce qui pourrait pourtant leur permettre de développer davantage leurs habiletés et leurs aptitudes physiques.

 

Enfants et adultes : les blessures communes

L’enfant peut être touché par certaines blessures bien connues chez l’adulte.

Ces blessures dépendent principalement des sports pratiqués. Si l’on regroupe les sports d’équipe les plus populaires au Québec, soit le soccer, le hockey, le football, le volleyball ou encore le basketball, il est possible d’énumérer quelques blessures survenant chez l’enfant :

  • l’entorse à la cheville ;
  • les claquages musculaires (plus présents au niveau des jambes) ;
  • les phénomènes de subluxations d’épaule (instabilité de l’épaule menant à un déplacement partiel) ;
  • la commotion cérébrale ;
  • le syndrome de surentraînement.

Les blessures spécifiques à l’enfant

D’autres blessures sont plus spécifiques à l’enfant et sont rarement rencontrées chez l’adulte, car ses articulations sont stabilisées et ne sont plus en pleine croissance.

En cas de surutilisation d’une articulation, lorsque l’os est stable, le processus inflammatoire touche le tendon. Chez l’adulte, ce phénomène est connu sous le nom de tendinite.

Chez l’enfant, comme l’os est encore en croissance et donc encore malléable (flexible), c’est l’os qui sera touché si l’articulation est trop sollicitée. De ce fait, la douleur se situera au niveau de l’insertion du tendon sur l’os et non au milieu du tendon, comme pour une tendinite chez l’adulte.

Ce phénomène peut alors provoquer trois types blessures qui se manifestent principalement au genou et au talon : le syndrome d’Osgood-Schlatter (genou), le syndrome Sinding-Larsen-Johansson (genou) et la maladie de Sever (talon).

Le syndrome d’Osgood-Schlatter et le syndrome Sinding-Larsen-Johansson

Qu’est-ce que c’est ?

Ces deux syndromes se manifestent au niveau des genoux et touchent généralement les enfants et les adolescents qui pratiquent des sports impliquant des sauts, des changements de direction, de la course ou encore des accélérations comme le soccer, le basketball ou encore le volleyball.

Les symptômes de ces deux syndromes sont similaires, mais ne surviennent pas au même endroit :

  • Pour le syndrome d’Osgood-Schlatter, la douleur touche le tendon rotulien (entre le tendon et le tibia).
  • Pour le syndrome de Sinding-Larsen-Johansson, la douleur est ressentie entre le tendon et la rotule (haut du genou).

L’enfant éprouve une douleur à la zone touchée, mais aucun gonflement ni aucune coloration de la peau ne sont visibles. La douleur augmente lorsque l’enfant effectue certains mouvements comme de s’accroupir (squat), monter et descendre les escaliers, courir ou encore sauter.

Est-ce que ça se traite ?

Si l’enfant touché par l’un de ces deux syndromes ne voit pas un professionnel de la santé, mais cesse toutes ses activités physiques et tout mouvement douloureux, le problème peut disparaître de lui-même. Cependant, le rétablissement peut prendre plusieurs mois, voire une année complète.

Si l’enfant est suivi par un professionnel de la santé comme un professionnel de la physiothérapie, le temps de convalescence ne sera pas pour autant réduit de façon significative. Ces syndromes mettent du temps à se résorber, quels que soient les traitements mis en place pour soulager l’enfant.

Cependant, le professionnel de la physiothérapie peut améliorer la qualité de vie de l’enfant pendant sa convalescence. Il est en mesure de comprendre les limites imposées par la blessure et pourra éviter à l’enfant de ressentir de la douleur. Il peut également le guider vers les activités qu’il peut pratiquer sans risquer de se faire mal afin qu’il puisse rester actif.

La maladie de Sever

Qu’est-ce que c’est ?

La maladie de Sever touche principalement les enfants qui pratiquent beaucoup voire trop un sport d’équipe. Les enfants qui pratiquent leur sport dans le cadre d’un programme sport-études ou encore qui cumulent les saisons sportives sont plus à risque que les enfants qui pratiquent leur sport de manière récréative.

Cette blessure se manifeste principalement par une douleur vive au talon d’Achille. Bien qu’aucune coloration de la peau ne soit visible, le talon est très sensible au toucher. La douleur est également exacerbée lorsque l’enfant effectue certains mouvements comme courir, marcher ou encore sauter.

Est-ce que ça se traite ?

La première chose que le professionnel de la santé fait lorsqu’il rencontre un enfant qui souffre d’une douleur touchant ce tendon, c’est de s’assurer qu’il ne s’agit pas d’une fracture de stress (fracture de fatigue) au niveau du tendon ou encore d’une fracture de stress au niveau des plaques de croissance. Le traitement sera alors complètement différent.

Une fois que ces possibilités sont écartées et que la maladie de Sever a été identifiée, le processus de convalescence peut commencer. Le traitement s’apparente à ceux du syndrome d’Osgood-Schlatter et du syndrome de Sinding-Larsen-Johansson, soit du repos, un arrêt partiel ou complet du sport d’équipe, ainsi qu’une évaluation exhaustive de la mécanique des membres inférieurs de l’enfant pour déceler si une dysfonction a pu mener à la blessure.

Le professionnel de la physiothérapie peut alors jouer un rôle important dans l’amélioration du quotidien de l’enfant et dans l’accompagnement pour le retour au jeu.

> Ce sujet vous intéresse ? Découvrez les bons réflexes en cas de blessures.

Bastien Garon est physiothérapeute depuis 2014. À la suite de sa maîtrise en physiothérapie, il s’est intéressé à différents aspects de sa profession comme la thérapie manuelle, la course à pied ou encore les suivis de commotions cérébrales. Il pratique aujourd’hui auprès d’une clientèle variée (âgée de 5 à 80 ans) au sein de la clinique Physio Interactive Cortex . Il donne également des formations sur l’évaluation fonctionnelle du mouvement (FMS) depuis 2014.

Dans le milieu sportif, Bastien Garon pratique auprès de l’équipe de football division 1 du Collège Notre-Dame de Foy et de l’équipe de ski acrobatique (bosses) du Québec, qui regroupe les meilleurs skieurs québécois de 15 à 21 ans. Il a également été collaborateur santé pour le défunt magazine Plan de match, où il expliquait la réadaptation à la suite de certaines blessures sportives.

 


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