Jeux olympiques d’été et physiothérapie : conseils d’une physiothérapeute du sport pour bien se préparer

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Jeux olympiques d'été et physiothérapie

Jeux olympiques d’été et physiothérapie

Pour les athlètes, les risques de blessures représentent une menace bien réelle à l’approche d’une compétition d’envergure. Sans soutien professionnel et sans préparation adéquate, le rêve olympique peut rapidement se transformer en cauchemar. Voici donc quelques conseils de la physiothérapeute Guylaine Boutin sélectionnée par le Comité olympique canadien pour faire partie de l’équipe médicale aux Jeux Olympiques (JO) de Rio au Brésil.

Jeux olympiques d’été et physiothérapie : préparer les équipes d’intervenants

Il n’y a pas que les athlètes qui doivent se préparer pour une compétition ! En effet, c’est toute une équipe d’intervenants (composée de médecins, physiothérapeutes, nutritionnistes, psychologues sportifs, massothérapeutes et autres professionnels de la santé) qui doit être prête à affronter toutes les éventualités. Pour bien y arriver, l’intervenant devra apprendre à connaître :

  • les athlètes qu’il suivra lors de l’événement;
  • le sport qui lui est assigné;
  • les types de blessures les plus fréquentes pour ce sport;
  • la marche à suivre en cas de blessures en lien avec le sport, c’est-à-dire les règlements liés à la compétition.

Dans le cadre des JO, puisqu’il s’agit d’un travail collaboratif entre plusieurs intervenants, toute l’information pertinente doit être colligée avant le début des Jeux et la coordination des différents membres se doit d’être parfaite dès les premiers instants de la compétition. Une bonne formation et beaucoup de lecture s’imposent afin de bien maîtriser chacun des aspects mentionnés précédemment. 

Voilà pourquoi l’équipe d’intervenants effectue une rencontre avant les Jeux afin d’établir le rôle de chacun et mettre en place les plans d’action. 

Jeux olympiques d’été et physiothérapie : préparer les athlètes

Dépendamment du sport pratiqué, les athlètes doivent suivre un plan précis tout au long de l’année. À l’approche d’une compétition, certains athlètes tentent de se surpasser lors des derniers entrainements. Guylaine Boutin les invite à la prudence et à s’en tenir à leurs habitudes pour prévoir les imprévus. Idéalement, les athlètes doivent :

  • maintenir une alimentation habituelle;
  • conserver de bonnes habitudes de sommeil;
  • maintenir la même fréquence d’entrainement sans déroger à leur programme d’exercice (ce qui n’empêche en rien d’augmenter l’intensité des entrainements);
  • s’informer des caractéristiques du lieu où se déroule la compétition (alimentation, décalage horaire, période de sommeil, distance entre les différents sites, vaccins, température, etc.).

Un travail d’éducation préventif est effectué auprès de l’athlète afin que ce dernier ne soit pas pris au dépourvu au moment de la compétition. Les intervenants et les athlètes doivent bien connaître les risques liés aux lieux afin de pouvoir se préparer en conséquence.

Sur les lieux de l’événement

Une fois la compétition débutée, pas question de chambouler la routine. Ainsi, plusieurs éléments sont à considérer une fois sur place. Outre le traitement des blessures et des autres interventions physiques, il est du devoir des intervenants d’effectuer un rôle de prévention auprès des athlètes en leur répétant les conseils de base à suivre lors de l’événement.

  • Conserver si possible les mêmes heures d’entrainement et la même fréquence.
  • Bien dormir et anticiper le décalage horaire.
  • Bien manger, prévoir les repas et collations afin de ne pas déroger de ses habitudes alimentaires (Certains aliments importants ne seront peut-être pas disponibles une fois sur place. Par exemple, si le Gatorade fait partie de la diète d’un athlète, il faut s’assurer que cette boisson soit offerte sur place quitte à en apporter.  Il en va de même pour les collations spécialisées.)
  • Bien s’étirer avant les épreuves ou les parties et redoubler de prudence.
  • Éviter les activités touristiques avant la compétition. Elles peuvent occasionner de la fatigue, des blessures, des ampoules ou autres inconvénients qui nuiront aux athlètes lors de la compétition. 
  • Ne pas utiliser d’équipements neufs ou différents, plus précisément les équipements tels que : souliers, bottes et autres, pouvant avoir un impact direct sur la performance.
  • En cas de problème, il ne faut pas attendre pour consulter les intervenants.
  • Se souvenir que les cérémonies d’ouverture et autres festivités liées à un événement sportif peuvent être longues et épuisantes. Elles nuiront à la performance si la compétition a lieu le lendemain. 

Procédure en cas de blessure

Même en prenant toutes les précautions du monde, une blessure peut tout de même survenir. Dépendamment du type de blessure, le physiothérapeute peut être appelé à effectuer diverses manœuvres permettant notamment de :

  • diminuer l’inflammation;
  • soulager la douleur;
  • raccourcir la période d’inactivité de l’athlète;
  • permettre à l’athlète de réaliser sa performance à l’aide d’attelles, de bandages ou de taping afin que la blessure ne s’aggrave pas.

En cas de blessure grave, le physiothérapeute peut planifier un programme de réadaptation à moyen et à long terme, et recommander à l’athlète de consulter d’autres professionnels de la santé. Lors d’événements sportifs d’envergure tels que les JO, les intervenants qui forment l’équipe d’intervention travaillent tous en étroite collaboration, tout en s’assurant de respecter les procédures du comité olympique. 

Malheureusement, il est possible que la nature de la blessure soit suffisamment sérieuse et qu’elle ne permette pas à l’athlète de participer aux compétitions. Dans ce cas, les équipes d’intervenants offrent un important support moral aux athlètes qui peuvent vivre une grande déception.

Guylaine Boutin est physiothérapeute depuis 27 ans. Diplômée en physiothérapie du sport, elle a, durant de nombreuses années, œuvré au sein des Spartiates du Cégep du Vieux-Montréal et des Grands Ballets canadiens. Actuellement chargée de cours à l’Université de Sherbrooke, elle accompagne aussi des athlètes d’élite de la région évoluant en course à pied, soccer, gymnastique, handball et hockey.

Son parcours international lui a fait visiter plusieurs pays lors d’événements sportifs marquants, dont des Jeux de la Francophonie, des Championnats panaméricains juniors d’athlétisme, des Jeux du Commonwealth et les Jeux Olympiques de Sotchi et de Rio. Elle est également propriétaire de la clinique A+ Physio à Bromont.

 

 

Jeux olympiques d'été et physiothérapie

Mme Guylaine Boutin, physiothérapeute et l’athlète Scott Morgan, gymnaste, Rio, août 2016 


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