Descente d’organes (prolapsus) : 5 fausses croyances

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Descente d’organes :  5 fausses croyances

Descente d’organes : fausses croyances

La descente d’organes, aussi connue sous le nom de « prolapsus », est une problématique typiquement féminine qui touche environ 40 % des femmes âgées de plus de 50 ans. Même si cette pathologie est de plus en plus connue, elle reste cependant une source de peur et d’embarras pour les femmes qui en souffrent. Seulement 10 % à 20 % des femmes consultent et reçoivent un traitement[1].

La physiothérapeute Louise Perrin pratique la rééducation périnéale depuis plus de 20 ans et connaît bien cette problématique. Aujourd’hui, nous tirons profit de son expérience et de ses connaissances dans ce domaine pour découvrir cinq fausses croyances sur la descente d’organes.

Descente d’organes : qu’est-ce qui m’arrive?

On appelle « prolapsus » la descente d’un ou plusieurs organes du bassin vers l’entrée vaginale. Ces organes peuvent être la vessie, le vagin, l’utérus ou encore le rectum. Ce phénomène est dû au relâchement ou à l’endommagement des structures (ligament, muscles du plancher pelvien, etc.) qui soutiennent habituellement ces organes.

Les femmes touchées par cette problématique peuvent être asymptomatiques ou ressentir de nombreux symptômes. Tout d’abord, il est possible de sentir ou même de voir une boule au niveau de l’entrée du vagin, cependant cela est rarement douloureux.

Elles peuvent avoir une sensation de lourdeur ou un inconfort au niveau du périnée. Cette sensation aura tendance à s’accentuer au fur et à mesure que la journée avance et se fera particulièrement sentir lors de certaines activités du quotidien (longue promenade, position debout prolongée, efforts, sports d’impact, portage d’un bébé, etc.). Elles peuvent également avoir des problèmes urinaires (incontinence ou difficulté à uriner) ou encore, ne pas se sentir à l’aise lors de relations sexuelles.

Descente d’organes : cinq fausses croyances

SEULES LES FEMMES EN POST-PARTUM SONT CONCERNÉES PAR LA DESCENTE D’ORGANES.

FauxBien que les femmes ayant connu un ou plusieurs accouchements soient les plus touchées par cette problématique (50 % des femmes qui ont accouché ont un prolapsus[2]), celle-ci peut également survenir chez les femmes n’ayant pas eu d’enfant. La constipation chronique, certaines activités intenses (lever de poids, aérobie, marathons), certaines chirurgies gynécologiques, des malformations congénitales au niveau vaginal, ou encore certains problèmes respiratoires provoquant des quintes de toux violentes et fréquentes peuvent être des facteurs de risque menant à une descente d’organes. Il est important de mentionner que ces facteurs doivent être répétés sur une longue période pour avoir une incidence sur la santé du plancher pelvien.

LA DESCENTE D’ORGANES EST DANGEREUSE POUR LA SANTÉ.

FauxMême si elle peut paraître impressionnante, la descente d’organes n’est pas dangereuse pour la santé de la femme. Cependant, il est évident que cette problématique peut avoir un impact important sur la qualité de vie. En effet, les symptômes du prolapsus (incontinence, constipation, sensation de lourdeur, etc.) peuvent avoir un impact sur les activités de la vie quotidienne et peuvent amener la femme à restreindre certaines de ses activités.

LA DESCENTE D’ORGANES EMPÊCHE LES FEMMES D’AVOIR DES RELATIONS SEXUELLES.

FauxIl est vrai que la gêne, la peur qu’il soit dangereux ou impossible d’avoir une relation sexuelle, ou encore l’appréhension en regard des réactions du partenaire peuvent avoir des conséquences sur la sexualité de la femme. En réalité, une fois que l’on comprend ce qui se passe et que l’on travaille à améliorer la situation, les relations sexuelles avec ou sans pénétration peuvent très bien avoir lieu. En rééducation périnéale, l’éducation fait partie intégrante du traitement de manière à ce que la femme comprenne sa problématique. D’ailleurs, la sexualité est discutée autant que les autres symptômes potentiels. Les explications et les exercices ont pour but de rassurer la femme qui pourra reprendre ou continuer à avoir des relations sexuelles la plupart du temps sans douleur.

 LA DESCENTE D’ORGANES RIME FORCÉMENT AVEC INCONTINENCE URINAIRE.

FauxContrairement aux idées reçues, l’incontinence urinaire ne va pas forcément de pair avec la descente d’organes. Il est tout à fait possible de souffrir d’incontinence urinaire sans pour autant être touchée par un prolapsus. Toutefois, 50 % des femmes ayant de l’incontinence urinaire à l’effort ont un prolapsus de la vessie[4].

 

LE PROFESSIONNEL DE LA PHYSIOTHÉRAPIE PEUT TOUJOURS REMONTER LES ORGANES DESCENDUS.

FauxContrairement aux croyances populaires, le professionnel de la physiothérapie ne remontera pas les organes descendus. Il travaillera avec la patiente afin de diminuer les symptômes, de renforcer le support qui permet aux organes d’être bien placés et d’améliorer la qualité de vie. Le professionnel de la physiothérapie peut également aider, par des conseils de prévention, à ce que la descente d’organes progresse moins rapidement.

VraiPar ailleurs, de nouvelles études démontrent qu’avec l’entraînement du plancher pelvien, il est possible de diminuer l’ampleur du prolapsus chez environ 20 % des femmes ayant un petit ou moyen prolapsus, comparativement à un groupe contrôle. Voilà encore une bonne raison de consulter un professionnel de la physiothérapie en rééducation périnéale si vous avez un prolapsus[5].

 

Vous souhaitez en apprendre davantage sur la descente d’organes ? Découvrez, notre article qui vous révélera cinq vérités sur cette problématique.

 Descente d’organes : fausses croyances - femmes

Louise Perrin est physiothérapeute depuis presque 30 ans. Elle commence à faire de la rééducation périnéale et pelvienne en 1993. Depuis, elle travaille à son compte à aider les femmes aux prises avec des problèmes liés à leur santé pelvienne. Elle s’est également beaucoup investie dans la démarche qui permet aujourd’hui aux physiothérapeutes d’utiliser les pessaires.  

Références

[1] Beck (1983)

[2] Beck (1983)

[4] Jacksons et coll., 1997

[5] Braekken et coll., 2010


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